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HeySquad Research · Étude 2026

Radiographie de l’e-commerce liégeois 2026

Cartographie technique des e-shops de la province de Liège : plateformes, performance, conformité RGPD, stack analytics et maturité commerciale. 579 e-shops confirmés, mesurés un par un, données ouvertes.

Commerces analysés
~6 100
Avec un site web
3 146
E-shops
579
Arrondissements
Liège · Verviers · Huy · Waremme

Près de la moitié des commerçants liégeois n’ont même pas de site web. La plupart de ceux qui en ont un n’y vendent rien : sur 3 146 sites examinés, à peine 579 sont de vrais e-shops.

Ce qu’il faut retenir

Observations clés

Les chiffres qui portent l’enquête. Chacun est un angle de lecture à part entière.

6,1 s

de LCP, le plus gros élément à afficher64 % dépassent 4 s, quand le seuil « bon » de Google est de 2,5 s

23 %

des e-shops en zone rouge sur mobilescore PageSpeed sous 50 ; seulement 3 % atteignent le vert (≥ 90)

78 %

tournent sur WooCommerce ou PrestaShopShopify, n°1 mondial de l’e-commerce, ne pèse que 7 % en région liégeoise

54 %

des PrestaShop en conformité RGPD faiblecontre 11 % des Wix : la plateforme décide de la conformité bien plus que le commerçant

64 %

n’affichent aucun bandeau de consentement371 e-shops sur 579 sans aucune solution de consentement (CMP)

101

e-shops mesurent sur un outil mort depuis 2023Universal Analytics, coupé par Google : des tableaux de bord à zéro depuis trois ans

50 %

des e-shops n’ont pas de GA4un sur deux pilote son commerce à l’aveugle, sans mesure d’audience fiable

13 %

seulement proposent le Click & Collectalors que 2/3 ont un magasin physique : du chiffre d’affaires posé sur la table

Avant de commencer

Pourquoi cette étude ?

On parle beaucoup de digital, rarement avec des chiffres. Personne n’avait encore cartographié techniquement l’e-commerce de la province de Liège. On l’a fait, site par site, sans déclaratif ni sondage.

Le périmètre : tout le commerce, pas seulement les e-shops

Le point de départ n’est pas une liste de boutiques en ligne, c’est l’ensemble du commerce de détail de la province : environ 6 100 entreprises au registre officiel BCE/KBO, passées au crible jusqu’aux 579 e-shops confirmés. L’entonnoir complet, et ce qu’il révèle déjà, ouvre l’étude juste après. C’est cette minorité qu’on a radiographiée en profondeur.

La méthode et les sources : chaque site mesuré un par un, sans déclaratif

La source de départ est ouverte et vérifiable : le registre officiel des entreprises BCE/KBO, filtré sur les codes NACE du commerce de détail (47.xx) et de la vente à distance (47.91). Chaque site retenu a ensuite été résolu, crawlé et vérifié individuellement, puis mesuré sur cinq plans : performance (API Google PageSpeed), conformité RGPD (comportement de consentement), plateforme (signature technique), stack analytics (scripts réellement chargés) et profil commerce (pages livraison, CGV et paiement). Aucune donnée déclarative. Tout est agrégé, anonymisé, et ouvert au téléchargement en bas de page. Toutes les mesures ont été relevées le 17 juin 2026 : une photographie à cette date, pas un suivi continu.

L’intérêt : un repère local, pas un benchmark américain

Pour un commerçant : situer sa boutique dans le paysage réel, pas face à un benchmark américain hors-sol. Pour la presse et les acteurs économiques locaux : une photographie inédite et factuelle de l’économie numérique de la région. Pour les experts et agences : une base technique rare et vérifiable. De ces mesures se dégage un fil rouge, qu’on assume comme une thèse.

Le plan, et ce qu’il révèle déjà

Près de la moitié du commerce liégeois n’a même pas de site web

La démarche part de TOUT le commerce de détail de la province, pas d’une liste d’e-shops. Chaque société du registre a été résolue, son site crawlé, puis qualifié : vitrine, site mort ou vrai e-shop. Remonter cet entonnoir est, en soi, déjà un résultat.

~6 100entreprises de commerce de détail screenées (registre BCE/KBO)

près de 3 000 n’ont aucun site web

3 146ont un site web identifiable

2 567 vitrines, sites morts ou hors périmètre, sans vraie fonction e-commerce

579vendent réellement en ligne, de vrais e-shops

Le premier constat tombe avant toute mesure : près de la moitié des commerçants n’ont aucun site web, et la moitié de ceux qui en ont un n’y vendent rien. Le e-commerce liégeois, ce sont 579 acteurs, une minorité qui a franchi deux fois le pas.

Dans le détail, les 3 146 sites examinés un par un

1 489 · 47 % Sites vitrines / classiques sans e-commerce, pas des e-shops
753 · 24 % Domaines génériques non confirmés belges
195 · 6 % Sites morts / placeholder / parking
99 · 3 % Autres exclusions (hors province, non transactionnel…)
579 · 18 % E-shops confirmés & analysés, la base de l’étude
31 · 1 % Autres statuts (en cours de validation)

Soit 2 536 sites écartés au total. Sur les 579 e-shops confirmés : 537 ont livré un profil commerce complet et 572 ont pu être mesurés en performance (7 hors-ligne au moment du test).

Le constat central

Le e-commerce liégeois n’a pas un problème de volume. Il a un problème de fondations et un problème de cap.

  1. 01Fondations : il roule à 78 % sur WooCommerce et PrestaShop, deux plateformes open-source qu’il faut maintenir soi-même. Sans cet entretien, on récolte exactement ce que l’étude mesure : lenteur, dette technique, conformité subie.
  2. 02Cap : pendant que le commerce mondial bascule vers des plateformes hébergées et, déjà, vers l’agentic commerce (des agents IA qui achètent à la place du client), le tissu local reste sur une stack legacy qui n’est pas prête pour cette vague. Shopify, qui porte cette transition, pèse 7 % ici.
  3. 03Le réflexe pour grandir, empiler des outils marketing, est précisément ce qui ralentit les sites. Le paradoxe résume tout : on en fait plus, mal.

le socle

Le commerce liégeois a choisi l’inverse du web mondial

L'open-source auto-hébergé domine le parc, le SaaS géré par l'éditeur reste minoritaire. Mais le vrai enjeu se loge ailleurs : dans la dette de maintenance que ce parc fait porter aux équipes.

78 %du parc sur WooCommerce + PrestaShop
7 %pour Shopify, n°1 mondial du e-commerce
54médiane mobile Odoo, la plus lente des CMS
WooCommerce43 %
PrestaShop34 %
Odoo7 %
Shopify7 %
Wix3 %
Autres5 %
CMS e-commerce détecté · un par e-shop · n = 579.
  • WooCommerce
  • PrestaShop
  • Odoo
  • Shopify
  • Wix
Les plateformes croisées sur le parc.

Deux philosophies d'hébergement se partagent le parc

Les deux plateformes de tête, WooCommerce (43 % du parc, 251 sites) et PrestaShop (34 %, 198 sites), sont des solutions open-source que le commerçant héberge et maintient lui-même : à elles deux, 78 % des boutiques. Shopify et Wix tiennent l'autre bord, des services hébergés (SaaS) où l'éditeur prend en charge l'infrastructure et les mises à jour, contre moins de maîtrise mais moins de maintenance. Réunis, ils ne pèsent ici que 10 % du parc.

Cette autonomie ne handicape rien sur le fond. Sur les angles qui comptent pour l'acquisition, balisage schema.org produit (`Product`, `Offer`, `BreadcrumbList`), feeds Google Merchant Center, balises hreflang, WooCommerce et PrestaShop font jeu égal avec un Shopify, nativement ou via extensions matures. L'écart tient à l'hébergement et à la configuration, pas au moteur.

La domination de PrestaShop n'a d'ailleurs rien d'une singularité locale : solution d'origine française servie par le réseau d'agences régional, elle est le standard du e-commerce francophone. Le contraste avec le poids mondial de Shopify trahit cet ancrage, pas un retard liégeois.

Ce que la plateforme décide vraiment : qui porte la dette

Le CMS dominant décide qui porte la dette de maintenance et d'optimisation pour les trois à cinq ans qui suivent : patcher une faille, migrer une version majeure, refondre un tunnel de paiement. Quand l'opérateur est une PME sans équipe technique dédiée ni contrat de suivi, cette dette s'accumule en silence, versions non patchées, extensions abandonnées, performances qui se dégradent. Voilà le vrai sujet, pas le nom du CMS, et c'est la configuration que le tissu liégeois rend la plus probable.

La vitesse est le seul critère où le CMS pèse mesurablement

Sur la performance brute, l'écart est net en desktop et va dans un seul sens, les solutions hébergées devant :

PlateformeMédiane perf desktop
Wix89
Shopify88
WooCommerce83
PrestaShop80

PrestaShop ferme la marche des grands CMS sur desktop, et Odoo pointe à 54 en mobile. L'ordre mobile, lui, se départage à un à trois points sur des effectifs réduits par plateforme : en faire un verdict reviendrait à surinterpréter du bruit statistique, la hiérarchie ne s'énonce honnêtement que sur desktop.

L'écart desktop tient à l'infrastructure, que le SaaS optimise par défaut. L'auto-hébergé réclame un hébergement sérieux (Redis ou Varnish, OPcache), un cache configuré et un CDN branché, trois briques que beaucoup de marchands liégeois n'activent jamais, faute de profil technique ou de prestataire. Correctement servi, un PrestaShop ou un WooCommerce rattrape l'essentiel : ce qui ralentit, c'est l'installation, pas l'outil.

Le nom de la plateforme donne une tendance, il ne fixe pas le résultat.

Ce que chaque modèle coûte vraiment

Le coût réel de l'auto-hébergé bien tenu, que l'étude ne mesure pas, se chiffre en ordre de grandeur : hébergement performant, temps de dev, modules en licence one-shot de 50 à 100 euros pièce, soit vite 2 ou 3 k euros à l'installation. En face, un Shopify Basic démarre autour de 32 euros par mois, applications et frais de transaction en plus. L'open-source garde en échange un avantage structurel réel : la propriété de la donnée, sans lock-in éditeur ni facture Shopify Plus à environ 2000 euros par mois une fois à l'échelle.

Le vrai clivage business se loge dans le tunnel de commande. Shopify embarque un Checkout natif maintenu par l'éditeur, là où WooCommerce et PrestaShop laissent un tunnel monté à la main, fragilisé après chaque mise à jour. C'est là que se gagne ou se perd la conversion ; le détail se lit dans la couche parcours d'achat.

La conséquence est directe : la bonne question n'est pas « ai-je choisi la bonne plateforme ? », mais « est-ce que j'exploite la vitesse et le tunnel qu'elle permet d'atteindre ? ». La marge la plus rentable se situe presque toujours dans l'optimisation de l'existant (hébergement, thème, images, scripts tiers), pas dans une migration.

L’avis de JérômeJérôme Croche · Stratège HeySquad

Choisir WooCommerce ou PrestaShop en 2026, ce n'est pas une faute. Le piège n'est pas le logiciel libre, c'est le logiciel libre mal tenu : mises à jour repoussées, extensions empilées, serveur jamais réglé. La dette grossit là où personne ne regarde, et ce qui coûte au final, c'est l'abandon, pas la licence.

On voit poindre des parcours d'achat assistés par des agents IA. Ils réclament des flux produits propres et des données structurées correctes, deux briques que le CMS ne décide pas : un WooCommerce bien tenu sort un flux aussi propre qu'un Shopify, un Shopify négligé sort un flux sale. Le tissu liégeois n'a pas raté une mode, il a négligé l'entretien d'un outil qui, bien tenu, ferait très bien le travail.

la vitesse

Mieux outillés, plus lents : le paradoxe à 60

Pour grandir, on ajoute des outils. La donnée locale dit le contraire : plus une boutique s'équipe, plus elle ralentit.

60score mobile médian sur 100
64 %des e-shops chargent en plus de 4 secondes
15points perdus entre 0 et 4 outils

L’écart mobile / desktop

MobileDesktop
WooCommerce8361
PrestaShop8060
Odoo8454
Shopify8862
Wix8963
Score PageSpeed médian, mobile contre desktop, par plateforme. L’écart est la pénalité mobile.

Le graphe à retenir

4050607080906361555248Aucun outil1 outil2 outils3 outils4 outils
Mobile Desktop
Score PageSpeed médian (/100) par nombre d’outils marketing · e-shops mesurés en mobile · n = 572. Dataset anonymisé HeySquad Research, croisement maturity_score × psi · 2026.

Les pages traînent là où ça compte le plus : sur mobile. La Belgique a beau rester un pays où le desktop résiste, 45 % de visites mobiles tous sites confondus selon StatCounter (nouvelle fenêtre), le commerce en ligne vit sur un autre rythme : 77 % du trafic des sites marchands arrive désormais par smartphone, d'après le benchmark Contentsquare (nouvelle fenêtre) établi sur 99 milliards de sessions. L'écran où le parc liégeois est le plus lent est donc celui par lequel presque tous les clients arrivent, et chaque outil marketing ajouté creuse encore le trou. Ce constat fait mal deux fois. Au référencement d'abord, la vitesse nourrissant les signaux que Google utilise pour classer les pages. Aux ventes ensuite, et l'ordre de grandeur mérite d'être connu : quand une page passe de 1 à 3 secondes de chargement, la probabilité que le visiteur reparte sans rien faire augmente de 32 % selon l'étude de référence de Google (nouvelle fenêtre). Une page lente fait fuir des acheteurs que la boutique a souvent payés pour faire venir.

La fracture mobile

Le score mobile médian s'établit à 60 sur 100, contre 83 sur desktop. Vingt-trois points d'écart, là où se font la plupart des visites en retail. Ce 60 est un score Lighthouse de laboratoire, une simulation sur réseau et processeur bridés qui le rend comparable d'un site à l'autre, à ne pas confondre avec les Core Web Vitals de terrain (base CrUX, disponible ici sur 186 sites à trafic suffisant). Nuance qui compte : le Lighthouse diagnostique, seules les données CrUX pèsent dans le classement Google.

La distribution mobile penche vers le bas. 3,7 % seulement des boutiques sont dans le vert, contre 32,9 % en desktop, et 23,1 % franchement dans le rouge, soit 132 sites sous 50. Le parc a optimisé pour le grand écran et laissé filer le petit.

Le LCP, soit le temps que met le plus gros élément visible (souvent la photo produit) à s'afficher, dépasse 4 secondes sur 64 % des sites, quand Google recommande de tenir sous 2,5 secondes, seuil atteint par 21 % du parc seulement. La stabilité visuelle, elle, est saine : le CLS, qui mesure les sauts de mise en page pendant le chargement, reste bon sur 81 % des sites. Le design tient, c'est le poids technique qui plombe.

Plus on s'équipe, plus on ralentit

Classons les boutiques par nombre d'outils tiers détectés (tags analytics, pixels publicitaires, widgets de chat, bannières de consentement). La tendance contredit l'intuition que « mieux outillé » rime avec « mieux fait » : la médiane mobile décroît de façon monotone, sans inversion d'un palier à l'autre, de 63 pour les sites sans aucun outil à 48 pour un stack complet. Quinze points. La pente tient aussi en desktop (de 87 à 70), à plateforme constante et dans tous les arrondissements, de Liège à Waremme.

Chaque script ajoute, dans des proportions variables :

  • du réseau : une requête DNS, une poignée de main TLS et un aller-retour vers un domaine tiers, hors du cache et du CDN du site. Multiplié par vingt origines tierces, le coût de connexion plombe le démarrage.
  • du fil principal bloqué : la plupart de ces scripts s'exécutent sur le main thread, celui qui peint la page et répond aux clics. C'est le profil d'un Total Blocking Time qui gonfle à mesure que les tags s'empilent, et il préfigure l'INP, le signal d'interactivité des Core Web Vitals.
  • de l'imprévisible : un tiers, par définition, échappe au contrôle du marchand. Sa latence et sa panne du jour deviennent celles de la page.

Corrélation n'est pas causalité

Le sens de cause à effet demande de la prudence : le palier le plus chargé repose sur n=8 sites seulement, trop mince pour en faire une loi, et la corrélation peut jouer dans les deux sens. Les scripts lourds ralentissent la page, mais ce sont aussi les sites les plus matures commercialement qui empilent le plus d'outils sans investir en parallèle dans la performance. L'outillage est ici un marqueur autant qu'une cause. Quant au lien entre lenteur et ventes perdues, c'est un benchmark externe, l'étude Google citée en ouverture et le rapport « Milliseconds Make Millions » de Deloitte (nouvelle fenêtre), qui chiffre à +8,4 % de conversions l'effet d'un dixième de seconde gagné dans le retail mobile, pas un résultat de ce corpus : l'étude liégeoise n'a mesuré ni conversion ni chiffre d'affaires.

Mieux charger les outils plutôt qu'en retirer

Le bon réflexe n'est donc pas de retirer les outils, mais de les charger proprement : chargement différé des scripts non critiques et, pour la mesure, un passage côté serveur qui sort l'essentiel du navigateur. L'architecture exacte est détaillée dans la couche mesure. Les trois objectifs, mesure fiable, page rapide et conformité, cessent alors de s'opposer.

L’avis de JérômeJérôme Croche · Stratège HeySquad

On installe GA4, le pixel Meta, un widget d'avis, un script de pop-up, et on appelle ça « optimiser ». Le réflexe suivant, pointer le nombre d'outils et couper, lit le symptôme à l'envers. Ce qui rend un tag lourd, c'est la façon dont on le pose : le e-commerce liégeois ne track pas trop, il track mal, tout en client-side, tout au chargement, tout dans le thread qui peint la page.

« Tracking contre performance » est un faux dilemme, vrai seulement quand tout part au premier rendu : bien posé, tu gardes la mesure et tu récupères la vitesse. La séquence exacte est dans la couche mesure, juste plus bas.

le consentement

Le consentement est l’angle mort du parc, légal et publicitaire

Près de 2/3 des boutiques n’affichent aucun bandeau, et 83 % tournent sans Consent Mode. Le consentement ne se règle pas dans le CMS. C'est une obligation légale qui, bien posée, fiabilise la mesure publicitaire.

64 %des e-shops sans aucun bandeau de consentement
83 %sans Consent Mode, base légale et Ads
215des 235 grades A, par absence de traceur (pas par maîtrise)
Répartition des grades de conformité au consentement, du plus sain (A) au plus à risque (D), sur les 579 e-shops. Pas de contradiction avec les 64 % sans bandeau : un site qui ne charge aucun traceur n’a rien à faire consentir et obtient un grade A sans bandeau (215 des 235 A).

Conformité RGPD, par plateforme

Part de sites en grade faible (C ou D), du plus risqué au moins risqué. Plus la barre est longue, plus la plateforme concentre de sites mal configurés.

  1. PrestaShopn=19854 %
    sans bandeau 63 %
  2. WooCommercen=25142 %
    sans bandeau 65 %
  3. Shopifyn=38 *39 %
    sans bandeau 45 %
  4. Odoon=41 *32 %
    sans bandeau 85 %
  5. Wixn=19 *11 %
    sans bandeau 68 %

% de sites en grade C ou D

Lecture : un grade C ou D signale une mauvaise configuration des cookies. Seul PrestaShop dépasse la moyenne du parc (44 % de grades faibles). La part « sans bandeau » est donnée en contexte, pas en verdict : une boutique sans traceur n’a rien à faire consentir et obtient une bonne note par absence de sujet. Étoile = échantillon réduit (Shopify, Odoo, Wix), à lire avec prudence.

Une note flatteuse par absence de sujet

Mesurée sur la page d'accueil, la conformité au consentement se répartit en quatre grades. 41 % des sites décrochent un grade A (235 sites), quand 44 % tombent en zone faible (grade C ou D). Sur ces 235 grades A, 215 n'affichent aucun bandeau parce qu'ils ne chargent aucun traceur à faire consentir : une bonne note par absence de sujet, pas par maîtrise. Vingt sites seulement gagnent vraiment leur A sur des traceurs actifs.

Le risque se lit donc dans le croisement entre traceurs actifs et absence de consentement, pas dans le grade affiché : la page exposée est celle qui charge ses traceurs avant tout choix de l'internaute, sans CMP pour le recueillir.

Le consentement ne se règle pas dans le CMS

Le consentement n'est pas une fonctionnalité de WooCommerce ou de PrestaShop. C'est une CMP (plateforme de gestion du consentement, type Cookiebot, Axeptio, Complianz), branchée sur le gestionnaire de balises (GTM) et doublée du Consent Mode v2 de Google. On l'ajoute quelle que soit la plateforme, et le travail réel tient dans le câblage entre ces briques, pas dans la pose du widget.

Installer une bannière via un module ou un plugin tout-en-un règle l'affichage, pas la conformité. Un bandeau qui dépose les traceurs avant le clic, ou qui ne rend pas le refus aussi simple que l'acceptation, reste non conforme au RGPD et à la directive ePrivacy : la conformité se vérifie dans le réseau, requête par requête, jamais à la présence d'un logo d'éditeur en pied de page. La preuve tient dans l'échantillon : 97 sites équipés d'une CMP restent en grade C ou D, faute de blocage réel avant choix. Le cadre légal est détaillé par la CNIL (nouvelle fenêtre).

Consent Mode v2 : seul le mode avancé débloque la modélisation

Le Consent Mode v2 de Google prend deux formes. En mode basic, les balises Google restent bloquées tant que le refus tient : aucun signal ne part, les conversions refusées sont perdues. En mode avancé, les balises se chargent dès le départ mais restent bridées sans consentement, et envoient des pings anonymes (`consent denied`) qui permettent à Google de modéliser les conversions manquantes.

Cette modélisation est soumise à des seuils de volume (trafic et conversions par pays) sous lesquels Google ne reconstruit rien, souvent hors d'atteinte pour un petit compte e-commerce liégeois. Sur l'échantillon, 35 sites seulement exploitent un Consent Mode v2 en mode avancé : les seuls techniquement équipés pour récupérer une partie des conversions perdues au refus.

Le chiffre de 83 % de sites sans Consent Mode appelle une lecture honnête. Il englobe 221 sites dépourvus de toute balise Google à piloter (pas de Google Ads, pas de GA4 connecté), pour qui l'absence de Consent Mode est sans objet. À l'inverse, un site qui dépense en Ads sans cadre de consentement brûle du budget en continu.

Le Consent Mode ne couvre que Google

Le Consent Mode ne pilote que les balises Google. Le Meta Pixel, présent sur 101 sites, obéit à sa propre mécanique de consentement et de collecte côté serveur, détaillée dans la couche mesure : sans elle, le budget social s'optimise sur une donnée trouée, exactement comme le budget Google sans Consent Mode. À l'échelle, c'est le même flux serveur qui décide à la fois de la conformité et de la fiabilité des conversions.

L’avis de JérômeJérôme Croche · Stratège HeySquad

Le RGPD ne se coche pas, il se câble. Une CMP bien réglée plus un Consent Mode v2, et ça se branche quel que soit ton CMS. Sauf que l'étude est sans appel : 97 CMP installées échouent encore en catégories C et D. « Installé » ne veut pas dire « conforme », et tout le travail est là.

L'enjeu n'est pas que légal. Sans Consent Mode v2 en mode avancé, Google arrête de modéliser les conversions perdues au refus, et ton budget Ads s'optimise sur une donnée trouée. Conformité et mesure, c'est le même chantier : CMP, gating propre des balises, recette sur tout le tunnel. Du cadrage sérieux, pas un réglage expédié en une après-midi.

la mesure

Un commerçant sur deux pilote à l’aveugle

La moitié du parc ne mesure aucune audience, et une part notable laisse tourner une balise débranchée, muette depuis des années.

50,6 %des e-shops équipés de GA4
101sites sur Universal Analytics, coupé depuis 2023
196e-shops sans aucun outil de mesure
GA4293
Google Tag Manager121
Universal Analytics101
Meta Pixel101
Google Ads88
Microsoft Clarity15
Outils détectés sur les e-shops · cumul possible · n = 579.
  • Analytics
  • Tag Manager
  • Meta Pixel
  • Google Ads
Les outils de mesure repérés sur le parc.

La moitié des boutiques liégeoises ignorent d'où viennent leurs ventes, et une partie de celles qui font de la publicité paient sur des chiffres faux. Mesurer juste coûte peu et change toutes les décisions qui suivent.

Google Analytics 4, l'outil de mesure d'audience de référence, n'apparaît que sur 293 sites, soit 50,6 % du parc : près d'un commerçant sur deux ne sait ni sur quelles pages ses visiteurs décrochent, ni où ils abandonnent leur panier. À l'autre bout, 196 e-shops (33,9 %) n'embarquent aucun outil de mesure, ni analytics, ni pixel, ni balise de conversion : ils pilotent au jugé. Entre les deux, 15,2 % posent une balise Google Ads ; chargée sans conversion câblée, elle compte des visites mais reste aveugle sur la transaction.

Une instrumentation rare et bancale

Le marqueur le plus fréquent reste le Meta Pixel, posé en client-side pur, sans déclaration serveur en regard. Or un pixel seul, en 2026, n'est plus une mesure fiable : entre la prévention de tracking d'Apple (ITP, qui plafonne à sept jours la durée de vie des cookies first-party déposés côté client en JavaScript), les bloqueurs publicitaires et le durcissement d'iOS, il laisse filer 20 à 40 % des événements selon la part de trafic Safari/iOS, soit un à deux achats sur cinq.

Ce qui manque, c'est la Conversions API (CAPI) pour doubler la collecte côté serveur, hors de portée du bloqueur et de l'ITP, et surtout un `event_id` partagé entre navigateur et serveur pour dédupliquer. Sans ce couple, on choisit entre deux maux : sous-compter (pixel seul) ou double-compter (les deux sans déduplication).

La hiérarchie du stack parle plus que chaque chiffre isolé

  • Universal Analytics encore présent : 101 sites (17,4 %) chargent cette version, arrêtée par Google en juillet 2023 (nouvelle fenêtre). Elle ne collecte plus rien depuis près de trois ans, mais personne ne l'a retirée, parce que personne ne regarde la donnée : un tracking installé une fois, jamais audité.
  • Le tag manager minoritaire : 121 sites (20,9 %), deux fois et demie plus rare que l'analytics qu'il devrait orchestrer. En approximation de bon sens, environ quatre installations GA4 sur dix s'y adossent ; les six autres posent leurs balises en dur dans le thème, où chaque correction repasse par un développeur. La couche qui rend un tracking maintenable manque à huit sites sur dix.
  • L'acquisition payante minoritaire : Meta Pixel sur 101 sites, balise Google Ads sur 88 (15,2 %). Le même total de 101 pour ces deux outils distincts est une coïncidence, pas un doublon. Que le pixel publicitaire fasse jeu égal avec un Universal Analytics mort montre qu'on installe parfois la balise avant même un socle de mesure qui tienne.

Ce que révèle l'ensemble, c'est une absence d'architecture, pas d'outils : le fossé tient à la méthode plus qu'à la technologie.

GA4 présent ne veut pas dire GA4 qui mesure

Un tag chargé ne fait pas un plan de mesure : encore faut-il suivre les événements business (`purchase`, `add_to_cart`, `begin_checkout`), faire remonter panier et chiffre d'affaires via l'e-commerce enrichi et filtrer le trafic interne. Les 293 GA4 du parc sont très majoritairement du GA4 par défaut, qui compte des pages vues sans jamais lire le tunnel.

Le coût ne tient pas qu'aux GA4 fantômes. Les 88 sites équipés Google Ads et les 101 porteurs d'un Meta Pixel optimisent leur budget média sur des chiffres faux : faute de Consent Mode v2, les conversions perdues au refus ne sont plus modélisées, et sans Enhanced Conversions ni CAPI dédupliquée, le ROAS affiché sous-estime la performance réelle. S'y ajoute le coût de vitesse chiffré dans la couche performance.

La réponse de 2026 tient dans la séquence

Le tracking côté serveur répond aux deux maux d'un seul geste.

Un sGTM, un serveur de tags qui rapatrie la mesure côté marchand (via Stape ou Addingwell), sort GA4, le pixel Meta et Google Ads du navigateur : le client s'allège, les cookies first-party gagnent en durée de vie, et le flux ne transmet que ce que le consentement permet. C'est la réponse structurelle, à poser après les fondations, jamais en point de départ : tentée trop tôt sur un socle bancal, elle complexifie sans rien régler. La séquence se lit en effort contre impact.

  • Retirer les 101 Universal Analytics morts : cinq minutes par site, gain de poids immédiat, zéro risque.
  • GTM plus Consent Mode v2 sur les 88 Google Ads et 101 Meta Pixel : c'est là que la donnée trouée coûte cash. L'étape qui sécurise la conformité avant d'investir plus.
  • GA4 propre adossé à un plan de mesure : mesurer ce qu'on décide, pas tout.
  • Server-side : pour les volumes qui le justifient, en dernier.

Notre lecture de ces chantiers est détaillée côté expertises.

L’avis de JérômeJérôme Croche · Stratège HeySquad

Garder Universal Analytics en 2026, c'est lire un compteur débranché depuis bientôt trois ans en croyant piloter : 101 e-shops affichent zéro depuis juillet 2023 sans le voir. Le vrai signal est dans la hiérarchie du stack : la moitié du parc n'a pas de GA4, et certains posent le pixel Meta avant tout socle de mesure, on retargete des gens qu'on ne compte pas.

Ce qui compte n'a jamais été la quantité d'outils, mais leur séquence, du moins coûteux au plus structurant. Universal Analytics dehors d'abord, effort quasi nul. Le server-side en dernier : posé au bon moment il consolide tout, tenté trop tôt il complexifie sans rien régler.

le parcours d’achat

Comment on paie, comment on livre ? Le sous-échantillon répond

Au moment de payer et de livrer, le e-commerce liégeois reste un commerce de quartier : moyens locaux en tête, logistique faite main, page livraison souvent muette.

60 %de profils sans zone de livraison annoncée
2paiements de tête : virement et Bancontact
2/3d'e-shops avec une boutique physique

Payer, puis recevoir

Sous-échantillon de 59 boutiques crawlées en profondeur, pas les 579 : ce qui suit est un classement de fréquence de présence, jamais une part de marché du parc.

Paiement, du plus au moins fréquent

  1. Virement bancaire
  2. Bancontact
  3. Paiement sur facture
  4. PayPal
  5. Mollie (agrégateur)

Livraison, du plus au moins fréquent

  1. Envoi géré en propre
  2. BPost
  3. DPD
  4. Mondial Relay

Zone de livraison « non déterminée » sur environ 60 % des profils : autant de boutiques qui n’affichent pas clairement où ni comment elles livrent.

  • Bancontact
  • Mastercard
  • Visa
  • PayPal
  • Stripe
Le socle de paiement attendu en Belgique.

L'échelle de lecture change ici

On quitte les 579 e-shops mesurés un par un pour descendre dans le parcours d'achat réel, le paiement et la livraison, lus page par page sur un sous-échantillon de 59 boutiques crawlées en profondeur, celles dont les pages paiement et livraison se laissaient lire. Ce qui suit décrit donc une fréquence de présence, un classement, une direction, jamais des parts de marché. On gagne en finesse ce qu'on perd en représentativité : les signaux solides sont les grands contrastes, les départages serrés restent de côté. On lit la vitrine technique des boutiques, leur tiroir-caisse reste fermé, et c'est exactement la lecture qu'un audit de conversion pose avant de toucher au reste.

Du paiement à la livraison, le portrait reste très local

À la caisse, le paysage ne laisse aucune ambiguïté. Bancontact et le virement bancaire dominent, deux moyens ancrés au plus profond des habitudes belges, suivis du paiement sur facture, de PayPal, puis de l'agrégateur Mollie. La signature d'un commerce qui sert d'abord une clientèle de proximité, et qui encaisse comme elle a toujours encaissé.

Ce duo de tête en dit long sur l'acheteur visé. Le virement, montant et communication à recopier puis réception à attendre avant l'envoi du colis, suppose une confiance déjà installée, pas un achat d'impulsion. Bancontact est le réflexe domestique belge par excellence, fluide pour qui détient un compte dans le pays, hors-jeu passé la frontière. Le paiement sur facture confirme la lecture : payer après réception, peu de pure players l'accordent à un premier acheteur anonyme.

Une fausse lecture à écarter d'emblée : Mollie en tête ne trahit ni immaturité ni repli local. C'est le standard de fait de l'e-commerce du Benelux, l'agrégateur que branchent les boutiques pour offrir Bancontact, les cartes, les portefeuilles et les méthodes locales derrière une intégration unique. PayPal, à côté, ajoute une réassurance internationale.

Côté livraison, même tonalité de proximité. L'envoi géré directement par le commerçant passe devant Bpost, et les réseaux relais DPD et Mondial Relay ferment la marche. L'étude crawle des pages d'options de livraison, sans toucher aux volumes d'expédition : elle dit ce que les boutiques proposent, pas combien elles expédient.

Le paiement filtre, le tunnel décide

Le moyen de paiement dépasse l'étape technique en bas du tunnel : c'est un filtre. D'un côté, les boutiques branchées sur un agrégateur comme Mollie ou Stripe : l'acheteur tombe sur un éventail normalisé et règle en quelques secondes, dans un parcours déjà vécu cent fois ailleurs. De l'autre, celles qui n'acceptent que le virement classique ou Bancontact seul : un filtre taillé pour l'acheteur déjà en confiance, local et fidèle à l'enseigne.

Ce filtre coûte peu à qui ne vise que ses habitués, et cher à qui voudrait s'élargir. Pour un visiteur tiède, attrapé via une recherche ou une pub, l'absence d'un paiement immédiat ajoute une marche pile au moment où l'intention est la plus fragile ; faute de sessions mesurées, l'abandon reste le scénario le plus probable plutôt qu'un fait établi. De tous les freins relevés, c'est en tout cas le moins cher à lever : brancher un agrégateur ne touche ni au catalogue, ni au positionnement, ni à la logistique, et le virement reste disponible en option.

Le paiement n'est toutefois qu'une étape, et c'est le tunnel entier qui décide de la vente. Quatre points pèsent autant que le moyen de paiement : la création de compte forcée là où un guest checkout suffirait ; chaque champ superflu face à un checkout ramassé en une page ; les frais de port lâchés au dernier écran, première cause documentée d'abandon de panier, autour de 48 % selon le benchmark Baymard (nouvelle fenêtre) ; et Bancontact sur mobile, là où passe plus de 60 % du trafic, dont la redirection vers l'app ou le QR code devient une friction réelle dès que l'intégration est bâclée.

La page de livraison ne dit ni où, ni combien

  • Près de 60 % des 537 profils commerce n'indiquent nulle part où ni comment la boutique livre : ni zone desservie, ni délai, ni grille tarifaire avant la mise au panier.
  • Quand l'info existe, elle se borne le plus souvent à la Belgique, parfois élargie aux pays limitrophes, rarement formalisée en une page Livraison autonome qui ferait foi.
  • Le visiteur laissé dans le flou repart plutôt que d'écrire : un panier qui n'a jamais commencé, invisible dans les statistiques puisque rien ne s'y est produit que l'analytics puisse compter.

Trois lignes claires sur la page de livraison ne demandent ni refonte ni budget.

En CRO, tout ce que l'acheteur doit deviner, il le compte comme un risque.

Un délai chiffré, un transporteur nommé, un seuil de franco affiché, une politique de retour lisible : la page arrête de poser une question, elle répond. Ce signal rejoint le constat clic-mortar, où deux tiers des e-shops ont un magasin derrière eux : une partie du trafic vient de gens prêts à récupérer en boutique, encore faut-il que la page le dise.

L’avis de JérômeJérôme Croche · Stratège HeySquad

On soigne la vitrine, on néglige la caisse. Le e-commerce liégeois met son énergie sur le haut du tunnel, la page produit, la photo, la pub, et laisse en jachère le moment où le client sort sa carte. C'est pourtant au checkout que la vente se gagne ou se perd, et c'est le moment qu'on regarde le moins. Une boutique sur deux ne dit même pas où elle livre : le client cherche, ne trouve pas, s'en va.

Avant de payer du trafic, ouvre ta propre fiche produit et va jusqu'au paiement comme un client. Note où tu hésites, où le prix te surprend, où l'info manque. Ça ne coûte rien, et ça récupère des ventes que personne ne compte.

les profils

B2B, B2C, hybride : qui vend à qui ?

Trois modèles de vente cohabitent sur le tissu liégeois, tous aussi peu équipés. Le seul vrai écart se joue sur le retrait en magasin.

264e-shops B2C, devant 121 B2B et 106 hybrides
0,15point d'écart de maturité entre segments
18 %de Click & Collect en B2C, 2 % en B2B

Trois modèles, une même immaturité

Maturité plate partout, autour d’un seul outil sur quatre ; l’écart réel est sur le retrait en magasin, 18 % en B2C contre 2 % en B2B. Répartition des 491 e-shops segmentés sur 537 profils complets. La maturité est un index interne, à lire en relatif.

Trois modèles de vente cohabitent, au particulier, entre pros, ou les deux, et aucun n'a pris d'avance.

Sur les 491 e-shops segmentés selon leur modèle de clientèle (491 profils nets sur les 537 fiches complètes, 46 écartés faute de signaux), la répartition tient en trois familles : 264 vendent au particulier (B2C, 54 %), 121 entre professionnels (B2B, 25 %) et 106 mêlent les deux publics (hybride, 22 %). Aucun des trois modèles n'est marginal : impossible de raconter le e-commerce liégeois comme une affaire purement grand public.

Personne n'est mûr, et c'est ça l'enseignement

Les trois modèles partagent le même tissu local et un équipement du même ordre. Index de maturité moyen de 1,08 en B2C, 0,97 en B2B, 0,93 en hybride : un seul outil détecté par segment en médiane, et un écart maximal de 0,15 point, à lire en relatif, pas comme une hiérarchie. Performance et conformité restent elles aussi indifférentes au modèle : perf mobile médiane de 60 à 61 partout, grades RGPD faibles entre 39 % et 44 %. Le modèle ne change ni la vitesse du site ni sa conformité, ce qui désigne une cause commune en amont, côté outillage et choix de stack.

Les meilleurs élèves cochent deux ou trois cases techniques, rarement plus ; la masse en coche zéro ou une. Pas de peloton de tête, un tissu entier qui démarre au même endroit. Mauvaise nouvelle pour qui cherchait un benchmark local à imiter, excellente nouvelle pour qui veut prendre de l'avance.

Deux précautions de lecture

L'index agrège quatre signaux inégaux : analytics, pixels publicitaires, tags marketing et bandeau de consentement. Le bandeau, souvent posé par défaut par le CMS ou le thème, gonfle le score sans rien dire de la mesure réelle : quand la médiane d'un profil ressort à un seul outil, ce point est fréquemment le consentement automatique, pas un tracking pensé.

Seconde réserve, le pont avec la couche commerce. Le 18 % de sites exposant le retrait en magasin (n=491) et les 66 % d'établissements avec magasin physique (n=537) ne reposent pas sur le même sous-ensemble : le 18 % inclut des pure players dépourvus, par construction, de tout point de retrait. Chiffrer le « gap » sur ce périmètre surestimerait le retard ; le vrai gisement est dans l'intersection boutique + site. La tendance, elle, reste nette : une part substantielle des commerçants qui ont aussi une boutique n'expose pas le retrait sur leur site.

Choisir son public, puis son canal

Segmenter B2C, B2B ou hybride n'a de valeur opérationnelle qu'une fois traduit en canal d'acquisition et en priorité d'action. On attaque là où le ratio effort sur impact est le plus élevé.

  • B2C (264 sites, 54 %) : Search non-brand sur l'intention d'achat, Meta pour la demande latente, web-to-store pour ramener en boutique. Le quick-win de volume est là : le retrait en magasin n'est exposé que par 18 % d'entre eux alors que la majorité a pignon sur rue, et le brancher connecte deux actifs déjà payés, sans refonte ni budget média.
  • B2B (121 sites, 25 %) : Search intentionniste serré, LinkedIn pour cibler la fonction. Le retrait reste hors-norme entre professionnels (2 %) ; le rendement vient des leads et devis, formulaire, tracking du lead, scoring, intégration au CRM et à la facturation.
  • Hybride (106 sites, 22 %) : le piège est de servir les deux publics pareil, panier simple et prix affiché pour le particulier, devis sur compte et facturation différée pour le professionnel. Un site générique calibré pour aucun des deux impose un grand écart permanent : le repositionnement se cadre avant toute optimisation technique.
L’avis de JérômeJérôme Croche · Stratège HeySquad

Trois façons de vendre sur le même tissu, et pas une qui décolle vraiment : index de maturité collé entre 0,93 et 1,08, soit un seul outil détecté par segment. Personne n'a pris l'avance, et c'est exactement la bonne nouvelle. Sur un terrain plat, le premier qui pose une vraie mesure n'a personne à rattraper, il installe le standard.

L'erreur à ne pas commettre : optimiser avant d'avoir tranché ta cible. Tant que tu ne sais pas si tu parles au particulier, au pro ou aux deux, tu arbitres à l'aveugle, le wording d'un bouton, la place du prix, et l'hybride paie ça plein pot : un site générique sert mal tout le monde à la fois. Trancher d'abord, optimiser ensuite.

l’ADN

Un e-shop qui reste d’abord une boutique

Le e-commerce liégeois reste d'abord une boutique de rue qui a greffé un site et garde ses réflexes de comptoir, à mille lieues du pure player né sur le web.

2/3des e-shops ont un magasin physique
13 %proposent le Click & Collect
577sites chiffrés en HTTPS sur 579

Le gap clic-mortar

66 %
Ont une boutique physique354 e-shops sur 537, du clic-mortar plutôt que des pure players
13 %
Branchent le Click & Collectà peine 1 e-shop sur 8, alors que presque tous le pourraient

Quand le socle est imposé par défaut, le parc suit : HTTPS actif sur 577 des 579 e-shops.

L'ancrage physique du e-commerce liégeois

Sur les 537 profils complets analysés, 354 boutiques, soit 66 %, s'adossent d'abord à un point de vente bien réel. Ce sont des commerces click-and-mortar, qu'on francise « clic-mortar » : le clic du web greffé sur le mortier de la brique du commerce de rue.

Si deux tiers du parc sont d'abord des magasins, les lacunes mesurées ailleurs, la lenteur mobile, la conformité subie, l'absence de mesure, se relisent comme un commerce traditionnel en début de digitalisation, pas comme de la négligence. Ce qui manque surtout, c'est du temps : tenir un commerce et un site à la fois, souvent seul, ne laisse pas la marge d'un pure player.

Le Click & Collect dort dans l'arrière-boutique

La même racine physique désigne la pièce manquante la plus parlante : le Click & Collect, le retrait en magasin d'un achat commandé en ligne. Le pont le plus naturel entre la boutique et le site n'équipe que 13 % des e-shops liégeois, tous profils confondus. Un commerçant qui tient déjà comptoir, stock et horaires en a l'essentiel : lui manquent surtout la réservation en ligne et la promesse tenue au retrait.

Le contraste avec le HTTPS, le chiffrement de base d'une connexion, quasi universel à 577 sites sur 579, dit l'essentiel. Quand le socle s'active par défaut, sans rien demander au marchand, le parc suit en bloc ; quand il faut décider et brancher soi-même, il décroche.

Le potentiel réaliste ne monte pas pour autant à 100 % : un Click & Collect mal exécuté, stock désynchronisé, délai flou, déçoit plus qu'il ne sert. L'écart se lit comme une marge ouverte aux enseignes qui ont un point de vente, un stock fiable et la rigueur pour tenir la promesse.

Ce que change le type de clientèle

Croisé par typologie de clientèle, le contraste se confirme : Click & Collect à 18 % en B2C, 14 % en hybride, 2 % en B2B, une ventilation détaillée dans la couche profils. Une nuance mérite d'être gardée ici : entre professionnels, la facture et la livraison restent la norme, mais pour un revendeur local, la pièce détachée qu'un artisan vient chercher en urgence est un vrai usage. Là où il existe, le taux faible tient moins de la fatalité de secteur que de l'occasion ratée.

Brancher le retrait ne suffit pas

Reste une prudence : que le Click & Collect soit le pont le plus naturel pour un parc à racine physique est solide ; que son installation génère mécaniquement de la croissance reste une hypothèse, car l'étude observe des taux d'équipement, pas un euro de chiffre d'affaires. S'y ajoute un préalable qui renvoie droit à la couche mesure : sans réconciliation du online vers le offline, un client qui repère un produit en ligne puis achète en rayon reste un trou noir, et l'impact du retrait demeure invisible, donc non arbitrable.

Le retrait ne joue enfin qu'en bas de l'entonnoir. Le chantier le plus rentable se situe souvent plus tôt, dans la découverte locale : fiche Google Business Profile, SEO local, store locator, pages magasin positionnées sur les requêtes géolocalisées. Réduire le web-to-store au seul Click & Collect, c'est rater le haut de l'entonnoir, là où le digital amène vraiment le client en boutique.

L’avis de JérômeJérôme Croche · Stratège HeySquad

Deux tiers des e-shops liégeois ont sous la main un point de retrait que les géants de l'e-commerce paieraient cher : un magasin, un stock, du personnel, des clients qui passent déjà. Pourtant, une large part ne branche toujours pas le Click & Collect. Ce qui rapporte le plus au commerce local dort dans l'arrière-boutique, pas dans le prochain budget pub.

Attention au raccourci : brancher le Click & Collect ne crée pas la croissance, il lève un frein et capte une demande déjà là. Ce que ça rapporte dépend du trafic, de l'offre et de l'exécution. Mais le rapport effort sur gain penche du bon côté, un module et quelques jours, loin d'une refonte. À tester avant de remettre un euro dans la pub.

Ce que ça veut dire

Sept couches racontent une seule histoire

Mises bout à bout, les sept couches ne décrivent pas sept problèmes. Elles décrivent le même, vu sous sept angles. La performance, la conformité, la mesure, le parcours d’achat, le modèle commercial : c’est partout le même déficit de pilotage et d’entretien, posé sur des plateformes choisies pour leur liberté et payées en maintenance qu’on ne fait pas.

Le e-commerce liégeois existe, il est même nombreux. Mais il est orienté vers un modèle que le reste du monde quitte, et il s’alourdit en croyant s’optimiser. 25 e-shops cumulent déjà zone rouge mobile, grade RGPD faible et mesure quasi absente ; près des trois quarts du parc, à zéro ou un outil installé, n’ont pas commencé à piloter sérieusement.

La bonne nouvelle : rien ici n’est une fatalité. Ce sont des décisions techniques, donc réversibles. La mauvaise : tant qu’on traite chaque symptôme séparément, on ne corrige rien. On répare des fondations, pas une façade.

Les recos de Jérôme

Tu tiens une boutique liégeoise ? Par où commencer ?

Cinq chantiers concrets, du cadre légal aux gains de conversion. Aucun ne demande de changer de plateforme.

  1. Obligation légale

    Mets ta bannière cookies en conformité (CMP)

    Une CMP, la bannière qui recueille le consentement, n’est pas un gadget : c’est une obligation légale, et un site qui dépose des traceurs avant le clic s’expose à des sanctions. Le revers business est tout aussi concret : sans consentement propre, Google et Meta cessent de modéliser les conversions refusées, et tes campagnes Ads s’optimisent sur des signaux troués. Vérifie ce qui se déclenche vraiment avant le clic avec une extension de contrôle du consentement (type InfoTrust) : un bandeau posé ne veut pas dire un bandeau conforme.

  2. Conversion

    Propose les moyens de paiement attendus en Belgique

    En Belgique, le socle, c’est Bancontact, Mastercard, Visa et PayPal. Bancontact concentre à lui seul la majorité des paiements e-commerce du pays, et ne pas le proposer fait fuir une large part des acheteurs au moment de payer. Apple Pay, Google Pay et Klarna (le paiement en plusieurs fois) se rajoutent selon ta clientèle. Le plus simple, c’est de brancher un agrégateur comme Mollie ou Stripe : tu obtiens tout ça derrière une seule intégration.

    Source : habitudes de paiement e-commerce belges (nouvelle fenêtre)

  3. Quick-win

    Soigne tes pages de réassurance (paiement, livraison, CGV)

    Le client qui doute n’écrit pas, il ferme l’onglet. Une page livraison qui dit clairement où, quand et à quel prix tu livres, des moyens de paiement affichés, des CGV et une politique de retour lisibles : chaque point d’interrogation devient une promesse vérifiable. Rappel de l’étude : près de 60 % des profils n’indiquent même pas leur zone de livraison. C’est le frein le moins cher à lever de tout le tunnel.

  4. Ce soir, gratuit

    Audite ta vitesse avec PageSpeed, sans tout prendre pour argent comptant

    Passe ta page produit dans Google PageSpeed Insights, c’est gratuit et tu as un diagnostic en trente secondes. Lis le résultat avec recul : tous les conseils ne se valent pas, certains coûtent cher pour un gain marginal. Le minimum qui paie presque toujours : servir tes images au format WebP, plus léger que le JPEG ou le PNG à qualité égale. Au-delà de 4 secondes de chargement, tu es dans les 64 % du parc.

  5. Drive-to-store

    Active le retrait en magasin

    Si tu as une boutique, le retrait en magasin coche trois cases d’un coup : une réassurance forte, très ancrée en Belgique ; un moteur de drive-to-store qui ramène du monde au comptoir ; et surtout ta vraie plus-value face aux géants du e-commerce, qui n’ont pas de magasin près de chez ton client. Un module et un peu de paramétrage relient deux actifs que tu as déjà payés, le stock et la boutique.

Aucun de ces cinq chantiers ne demande de changer de plateforme : la marge la plus rentable est presque toujours dans l’existant. À titre indicatif, sur une boutique à 200 k€ de chiffre d’affaires en ligne, gagner 10 % de conversion vaut 20 k€ par an, à mettre en face d’un chantier de quelques milliers d’euros. Chiffre volontairement illustratif, à vérifier sur tes propres données.

À vous de jouer

Explorez les 579 e-shops

Filtrez le jeu de données anonymisé et voyez les agrégats se recalculer en direct. Aucune donnée nominative, jamais.

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PageSpeed desktop médian
en RGPD faible (C ou D)
sans bannière cookies
avec Click & Collect

Chargement du jeu de données…

Le dataset est à toi

Les 579 e-shops en CSV anonymisé, et les données des graphes en JSON. Téléchargement direct, sans contrepartie, sous licence CC BY 4.0 : cite la source, le reste est libre.

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Reprise & sources

Citer cette étude

Étude publique, librement citable avec attribution. Journalistes, experts et agences : le jeu de données anonymisé est librement téléchargeable pour vérification indépendante.

HeySquad Research, « Radiographie de l’e-commerce liégeois 2026 », étude technique de 579 e-shops de la province de Liège, mesures du 17 juin 2026. heysquad.be

Honnêteté intellectuelle

Limites méthodologiques

Ce qu’il faut garder en tête avant de citer ces chiffres.

  • Dénominateurs variables : performance, CMS et tracking portent sur les 579 e-shops ; le profil commerce détaillé sur 537 ; certains attributs (paiement, transporteurs) sur un sous-échantillon de 59 boutiques crawlées en profondeur.
  • Livraison « non déterminée » : sur environ 60 % des profils, l’extraction des zones de livraison est incomplète (page absente ou ambiguë), à ne pas surinterpréter.
  • Perf par CMS : les moyennes par plateforme reposent sur des détections techniques qui se chevauchent : directionnelles, à ne pas citer comme des comptes d’e-shops distincts.
  • Mesure technique, pas avis juridique : les grades RGPD décrivent un comportement de consentement observé sur la page d’accueil. Un grade faible signale un risque, pas une infraction constatée.
  • Pas de référentiel national : l’étude compare le parc liégeois à lui-même et aux standards mondiaux, pas à une mesure équivalente belge ou wallonne. Les écarts se lisent en interne au panel, pas comme un retard chiffré face à une moyenne nationale.
Jérôme Croche

L’auteur de cette étude

Jérôme Croche

Fondateur de HeySquad · président du jury E-Business à la HEPL

Dix ans côté annonceur, sur de vrais e-commerce. Assistant e-commerce chez MacManiack (8 M€ de chiffre d’affaires), puis responsable marketing chez Horecashop.net (refonte de 7 000 fiches produits, une chaîne YouTube au million de vues) et chez TRICOBEL à Thimister-Clermont, où il pilotait l’e-shop, dix magasins, plus de 100 k€ de Google Ads par an et le tracking qui va avec.

En parallèle, il évalue les travaux de fin d’études du Bachelier E-Business de la Haute École de la Province de Liège, d’abord comme lecteur, puis comme président du jury depuis 2022, et forme au marketing digital à l’IFAPME. Il connaît donc l’e-commerce liégeois des deux côtés : celles et ceux qui l’enseignent, et celles et ceux qui le vendent.

Aujourd’hui, il pilote la stratégie, la mesure et l’acquisition de marques belges comme Ecostal Group, Brasero et Leidgens au sein de HeySquad. Architecture de mesure, conformité, performance, arbitrages budgétaires : c’est cette double expérience, terrain et jury, qui nourrit les lectures signées tout au long de cette radiographie.

10 anscôté annonceur, sur de vrais e-shops
100 k€/ande budget Google Ads piloté
depuis 2022président du jury E-Business, HEPL
~15marques accompagnées (BE, FR, LU)
Google Ads SearchGoogle Ads ShoppingGoogle Ads MeasurementGA4 · Google Skillshop
Profil LinkedIn ↗

Pour aller plus loin

Tu tiens une boutique liégeoise ? Le plus simple, c’est de commencer par le test de vitesse gratuit plus haut, puis le Click & Collect si tu as un magasin. Une question sur ta situation, ou envie qu’on regarde ça ensemble : hello@heysquad.be.

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